OLIVIA MARIE DEBACKERE



Chaque petite pierre construit un chemin.

Un voyage intuitif de la couleur au volume

Avant la céramique, ma pratique créative m’emmenait plutôt du côté de la peinture et de la couleur, là où la liberté est seule maîtresse. Après une formation aux Beaux-Arts de Nice et à la Villa Arson, puis une licence d’arts plastiques à l’université d’Aix-en-Provence, je m’installe à Paris en 2000. Je travaille en tant que peintre en décors dans le cinéma, avant de devenir restauratrice de fresques anciennes pour les monuments historiques. Mais bientôt, la création me manque. La céramique, que je découvre pendant mon temps libre, est un entre-deux qui m’attire, La création n’était pas aussi libre que la peinture, car la matière décidait en partie, mais je m’exprimais dans les couleurs, et j’arrivais à trouver des formes intéressantes. C’est dans un atelier de loisir que j’ apprend les techniques, perfectionne mes gestes et approfondit mes idées. Pour la première fois, je crée des choses utiles, essentiellement des contenants : bols, saladier, photophores, assiettes, petites coupelles d’art floral… Plus que tout, c’est la mise en volume de l’objet qui me passionne. Forgeant ainsi un lien unique et profond avec la terre, je décide de suivre cette voie.

À partir de 2010, je m’engage dans un travail d’approfondissement de mon savoir-faire technique afin de maîtriser les subtilités de la céramique. J’ intègre ainsi des résidences dans plusieurs ateliers parisiens, dont l’atelier IN GIRUM.  En 2014, j’intègre l’école des Arts et Techniques Céramiques à Paris. Durant neuf mois d’apprentissage intensif, je me forme à la technique du tournage, à l’histoire de la céramique, à la connaissance des matériaux ainsi qu’au modelage. Ces différentes disciplines me poussent toujours un peu plus loin dans la réflexion autour de sa pratique. Diplôme de tourneur en poche, je veux aller plus loin. Lassée des émaux industriels, j’intègre une première formation aux techniques de recherche de l’émail chez Annie Metzger, puis je découvre alors une science passionnante mêlant chimie, extrême précision et empirisme, je me forme auprès de Coralie Seigneur, Véronique Depondt et approfondie cette science avec Joelle Swanet. Les résultats sont sans appel : la profondeur des couleurs mêlée à une multitude de nuances, les nucléations, les cristallisations et les craquelés me permettent de préciser mes choix esthétiques.



AU JAPON, LA REDÉCOUVERTE DU TEMPS

Fascinée par la céramique japonaise, je m’envole pour la ville potière de Seto en 2015. C’est en résidence auprès du maître Kato Hiroshige que je me forme pendant plusieurs semaines. Pendant mon séjour, la discipline est stricte et acharnée, mais il ressort de cette immersion une série de pièces d’un équilibre et d’une délicatesse remarquables. J’y découvre l’impressionnante organisation des ateliers japonais - que l’on retrouve aujourd’hui dans son studio - et le sens du détail qui rend possible une pratique créative. Déjà bien formée au tour grâce à mes formations en France, je profite de mon séjour pour observer, prendre des notes et s’inspirer de la vie du studio. Je crée ses propres outils en bambou et apprend auprès des femmes qui emballent les colis. Je découvre un tout autre rapport au temps et à la pratique artistique, que je m’efforce aujourd’hui de transmettre dans mon studio et auprès de mes élèves : « L’art de la céramique, c’est l’art d’apprendre à respecter le temps ».

 

OHOH CERAMIC, UN OASIS AUX PORTES DE PARIS


De retour en France, je fonde mon propre studio : OHOH CERAMIC, Lorsque l’on pousse la porte de mon atelier des Lilas, le temps s’arrête. Un jardin luxuriant nous invite dans un espace de création, véritable immersion dans mon quotidien, fait de surprises et d’un dialogue constant avec la matière. Je crée une poterie poétique, aux formes délicates et aux couleurs douces. Des créations fonctionnelles qui mettent en valeur la chaleur de l’empreinte humaine. Je laisse libre cours à la matière, puis j’accentue son penchant. Je n’ai pas envie de sortir des pièces parfaites. Mon mode d’expression passe par l’imperfection. L’accident donne une part de magie où l’esthétique s’installe. Une tasse, un bol, une théière ou un vase, autant d’objets uniques qui racontent une histoire personnelle. Celle de ma jeunesse, de mon parcours, de mes voyages, qui l’ont sensibilisée au métissage des savoir-faire. En ouvrant un dialogue avec la terre, je façonne de petites séries d’objets fonctionnels aux formes minimales. Je tiens à cette valeur artisanale forte pour des pièces que je veux simples et intemporelles, telles de petites pierres que l’on tient dans la main.

En Avril 2026, je reçois « le prix Jeune Talent » de l’artisanat d’art de la chambre des métiers et de l’artisanat Iles de France seine saint Denis.